Personne ne prévoit le scénario de sa vie et encore moins la mort, la sienne, celle de ses proches.
Il n’est pas habituel d’y inclure l’annonce brutale d’un divorce, la douleur de ne plus voir ses enfants, le diagnostic d’un cancer…..Alors quand notre vie est traversée par une tragédie, la souffrance jaillie voire s’installe pour des mois, des années…
Il n’est pas rare d’entendre que le chagrin passera tout seul avec le temps.
Donnons du temps au temps….
Ce n’est pas vrai ; les personnes chagrinées souffrent d’un état émotionnel qui brouille totalement leur vie, entrave plus ou moins durablement leur joie : celle de vivre et de rencontrer autrui, celle de rebondir vers d’autres horizons, celle de travailler, plus simplement celle d’aimer.
A la douleur se mêlent colère, déception, peur, larmes….une douleur physique que l’on peine à identifier, bref de la confusion qui nous déséquilibre.
Quelqu’un nous a été arraché ! Nous voudrions de l’aide et en même temps il nous est impossible de la demander. Quelqu’un se présente à notre porte, et tout à coup nous n’avons plus la force…
Votre chagrin est personnel et ne ressemble à aucun autre. Personne ne peut le comprendre ou le ressentir comme vous le ressentez, de la même manière que personne ne peut respirer à votre place.
Ce que vous ressentez n’est ni bien ni mal.
Le problème est : qu’allez-vous en faire ? Taire, cacher, nier, crier, hurler, revendiquer ?
S’entourer de soutien psychologique, affectif, moral et spirituel pour que le chagrin ne devienne une expérience cauchemardesque est indispensable pour accompagner le processus de deuil. De nombreux professionnels de l’écoute sont là pour vous y aider.
Que dire ? Par où commencer ?
Je vous propose un petit exercice pour faire le premier pas….
• Installez-vous confortablement dans l’endroit où vous vous sentez le mieux : votre salon, devant un coucher de soleil au balcon, au pied d’un arbre dans la nature….
• Prenez un carnet de notes pour écrire vos réponses et le journal de cette étape de la vie.
• Respirez profondément trois fois, sentez le contact de votre corps avec les éléments (chaise, herbe sur le sol, sable de la plage, odeurs, lumière…)
• Examiner la liste de vos pertes. Sélectionner les deux plus difficiles. Décrivez-les. Qu’avez-vous ressenti ? Décrivez votre souffrance et voyez comment cela a affecté votre santé, votre famille, votre travail ? Qui vous a aidé ? Comment l’a-t-il fait ? Qu’auriez-vous aimé que l’on fasse en plus pour vous ? Qu’avez-vous fait pour vous-même ?
• Aujourd’hui, faites la liste des personnes qui vous entourent. Inscrivez le nom de chacune ainsi que le lien qui vous unit (parent, connaissance, collègue de travail, voisin, le curé ou le pasteur, amie d’enfance….). Entourez en rouge celles qui vous sont vraiment très proches. Etes-vous satisfait de votre système de soutien ? Y a t il place à l’amélioration ? Notez…
• Demandez à l’une de ces personnes de vous raconter la douleur ressentie à la suite de son divorce, le décès d’un conjoint, la séparation d’avec ses enfants… Comparez ses sentiments aux vôtres ? Des similitudes ?
• Toute séparation contient un processus, notez à quelle étape vous en êtes :
1-Croire à son chagrin
2-Etre en colère
3-Négocier avec son chagrin et la nouvelle vie
4-Souffrir de son chagrin et déprimer
5-Dire au revoir à son chagrin
6-Accepter la nouvelle vie.
Si vous vous sentez bloqué à une étape, ayez recours à un coach, un psy, ou tout professionnel de la relation d’aide.
Les larmes qui prennent leur source dans l’épreuve conduisent au renouveau. Respectez votre chagrin, soyez indulgent avec vous-même et continuez votre chemin.
La vie est une histoire de regard….comment la voyez-vous maintenant ?